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Congrès d'agriculture / 2 – 5 février 2022 en ligne

Publié le par Rudolf

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Un travail commun entre l'homme et les êtres élémentaires

Publié le par Rudolf

Peter Böhlefeld-

La tourbe serait apte à nous protéger, nous les hommes, des effets de la technique. C'est avec cette déclaration de Rudolf Steiner que le travail de recherche sur la fibre de tourbe a commencé en 1920. Elle a porté des bourgeons. Gilda Bartel s'est entretenue avec Peter Böhlefeld, qui mène des recherches à ce sujet depuis 1998 et qui a développé une gamme de produits à base de tourbe au sein de l'entreprise Wandil.

Comment est née l'idée d'utiliser la fibre de tourbe ?

Il y avait une exposition de fibres à Berlin en 1917. On y exposait aussi la fibre d'ortie, dont Rudolf Steiner estimait qu'elle était bonne. Mais il a mentionné que la fibre de tourbe était meilleure et il a donné des indications orales à des personnes : Si la fibre est anoblie [affinée n.d.t.] , elle serait la plus solide qui existe dans le règne végétal et protégerait l'homme à l'avenir contre les effets de la technique.

Il faut tenir compte de deux courants historiques : premièrement, la production de cellulose venait d'apparaître. Deuxièmement, il y avait déjà la recherche d'autres possibilités d'utilisation de la tourbe par la « Société Allemande des Tourbières ».

Vers 1919/20, Henri Smits, après sa formation d'ingénieur des mines, voulait mettre son travail à disposition de l'anthroposophie. Il songeait à la cristallisation du chlorure de cuivre. Steiner lui mentionna le tragique et l'importance de l'affinage de la fibre de tourbe, qui n'avait pas encore commencé. Smits reçut les premières suggestions de Steiner.1 En 1927, Ita Wegman avait déposé un brevet et reçu et conservé les documents. Elle a chargé Rudolf Hauschka de s'occuper de la fibre. Dans les années 1970, Hauschka a à son tour confié cette tâche à Johannes Kloss. Il y a quelques individus en Europe qui se sont occupés de l'affinage au cours des dernières décennies. Moi-même, j'ai vu l'évolution technique et j'ai cherché quelque chose qui puisse concrètement protéger les enfants de ses effets.

Est-ce que tu as un exemple concret de telles modifications ?

L'une des indications de Steiner est de transférer la force de l'antimoine sur les fibres de la tourbe. L'antimoine, en allemand "Grauspießglanz", est composé de cristaux en forme d'aiguilles que l'on trouve dans la terre et dans les roches. "Transmettre la force de l'antimoine", cela semble abstrait au premier abord. Pour s'en faire une idée, il faut en fait utiliser des termes anthroposophiques et homéopathiques. Avec eux, on peut penser en termes de forces. L'antimoine a été formé par certaines forces que l'on peut libérer et transmettre. Cela peut être obtenu, par exemple, en traitant la fibre de tourbe dans des bains à certaines puissances.

Un travail commun entre l'homme et les êtres élémentaires

Quelles sont les propriétés de l'antimoine ?

L'antimoine est diélectrique et diamagnétique, ce qui, au sens physique, signifie que les cristaux sont transversaux par rapport au champ magnétique. Il existe des composés d'antimoine qui disparaissent en fumée lorsqu'on leur applique un courant positif ou négatif. L'antimoine ne veut rien avoir à faire avec l'électricité. On peut imaginer que l'aspect aiguillé est l'une des forces dont il a besoin. En même temps, l'antimoine offre l'espace pour les autres forces qui doivent encore être amenées à la fibre : les forces de la résine de mélèze, de la bave de rose trémière et du liber du fruit du châtaignier, qui sert d'intermédiaire entre les deux.

 

Peux-tu décrire le processus plus précisément ?

La fibre de tourbe a des forces éthériques qui vont vers le minéral, car elle est en train de devenir du charbon. C'est ce processus qu'il faut inverser dans le végétal. Pour cela, la résine de mélèze et le mucilage de rose trémière sont nécessaires. La résine de mélèze a une qualité fortement chauffante et enveloppante, ce qui élève à son tour la fibre de tourbe à un niveau vivant. Mais lorsqu'elle est appliquée pure sur les fibres, elle donne un amas collant. La résine de mélèze est réticente à se lier à l'eau, c'est pourquoi on l'utilisait autrefois comme vernis. Il faut briser cette réticence. C'est là que la bave de rose trémière entre en jeu. Mais cela ne fonctionne que si on l'obtient avant la floraison de la rose trémière. Les forces éthériques constructives commencent à se désagréger avec la floraison, car l'astral intervient de l'extérieur dans la plante. La plante se retrouve en détresse et expulse la fleur. J'ai commencé à extraire le mucilage des racines des roses trémières. Celui-ci peut être dilué dans l'eau, mais pas encore émulsionné avec de la résine de mélèze. Le liber du fruit du châtaignier, ajouté en une certaine quantité au mucilage, permet d'émulsifier la résine de mélèze. Il est légèrement acide et sert d'intermédiaire entre la résine et le mucilage. Le liber a également une certaine qualité pour se défendre contre la lumière, c'est-à-dire pour protéger le fruit. Cette qualité rend la résine de mélèze et le mucilage émulsifiables.Le traitement à l'ozone est la quatrième et dernière étape de l'affinage. La différence suggérée par Steiner par rapport aux procédés scientifiques habituels est qu'il prend comme base des processus humains. Pour l'ozone, il en va de même, mais pas dans l'aqueux, plutôt dans l'aérien. Il s'agit d'amener l'ozone à la fibre pendant le séchage, en qualité rythmée et en quantité déterminée. Selon Steiner, il faut créer et relâcher une pression proche de la respiration humaine, environ 18 fois par minute. Pour ce faire, l'oxygène est conduit à travers un tube autour duquel un champ électrique est généré. Cela le comprime, le faisant passer chimiquement de O2 à O3. L'ozone passe ainsi sur les fibres de tourbe et assure une stabilisation.

En quoi consiste ta contribution au raffinage de la tourbe ?

Henri Smits a progressé avec l'antimoine et avait également fait des essais avec les trois autres substances. Steiner n'avait pas précisé comment il fallait faire pour associer les substances. Aujourd'hui, je travaille avec des potentialités et des forces. Ce qui est mon principal développement. Chaque substance a des niveaux et des degrés de puissance déterminés qui lui permettent de s'épanouir au maximum. Si l'on essaie l'antimoine à différentes puissances, on peut voir qu'à une puissance D4, il a un effet significatif sur la fibre de tourbe. Ceci peut aussi être démontré empiriquement en brûlant la fibre. Une fibre traitée brûle blanche comme neige et il reste un squelette de cendres, une fibre non traitée brûle noire et se décompose. Si nous travaillons maintenant avec le niveau de puissance suivant, on ne peut plus détecter l'antimoine, même au microscope électronique, ni même par pur calcul, et pourtant la fibre brûle blanche. Cela signifie que nous travaillons avec apparemment rien et uniquement avec des forces et que nous modifions la structure interne de la fibre de tourbe de telle sorte qu'elle ne brûle plus en noir ou en gris comme dans un milieu acide - c'est-à-dire qu'elle a tendance à devenir carbonée - mais qu'elle devient basique.

La basicité dans la fibre résulte d'un bain dans de l'eau potentialisée à l'antimoine. C'est là que nous avons le véritable processus de transformation. Ce qui était descendant et étherique est maintenant transformé en ascendant et vivant. Le traitement avec l'émulsion est alors un processus d'affinage.

La fibre de tourbe raffinée est-elle un nouveau produit que l'homme façonne en collaboration avec le règne de la nature ?

Oui, mais sans dégénérer le règne de la nature. Ce qui est le cas pour la fabrication de la cellulose. Chez Steiner, l'idée est de préserver, de stimuler et d'inverser les forces existantes. La tourbière elle-même possède encore des forces éthériques qui datent d'une époque antérieure. De ce fait, elles sont très précieuses. Mais elles ont une orientation vers le minéral, car elles ne peuvent pas se dégrader complètement. Si je parviens donc à sauver les forces éthériques et à les ramener dans le domaine éthérique ascendant, j'ai une vitalité accrue. Une déclaration de Steiner est la suivante : plus la vitalité est élevée dans un organisme, plus l'électricité perle de celui-ci. C'est le cas pour chaque être, c'est pourquoi les jeunes ont un rapport différent à l'électricité que les personnes âgées, car leur 'tampon d'éther' est beaucoup plus étendu. C'est pourquoi les jeunes ne ressentent généralement pas autant les effets de l'électricité.

Est-ce que tu dépasses ainsi les limites de la 'science classique' ?

Le scientifique d'aujourd'hui cherche l'origine de la matière dans la matière. Cette approche ne me permet pas de me faire une idée des forces qui sont nécessaires à mon travail. La perspective goethéenne, en revanche, implique pour moi une certaine formation de mon être intérieur. Si l'on veut former cette vision goethéenne, on la forme en même temps que le monde extérieur. Car les conditions ne sont pas les mêmes selon que tu étudies un minéral ou une plante. Tu dois t'engager dans ce qui est là comme condition. Et il faut pouvoir en prendre conscience comme un vécu et une clarté. Je dois voir comment j'arrive à une vision objective, à partir de ce que la chose elle-même apporte et de ce que j'apporte moi-même.

Si je veux examiner les lois, il faut que je sois prêt à remettre en question les présupposés et à les modifier. L'objectif naît de mon propre sentiment de vérité intérieure. Aujourd'hui, nous ne voulons plus nous demander s'il y a des atomes, mais nous voulons prouver qu'ils existent. Ainsi, nous excluons que les atomes puissent avoir un autre niveau d'être.

Un travail commun entre l'homme et les êtres élémentaires

Comment peut-on démontrer l'effet de la fibre de tourbe ?

Il existe des possibilités de démontrer l'effet de l'électricité sur un organisme vivant. On peut par exemple étudier le rapport entre les battements du cœur et des poumons d'une personne. Si l'on installe un champ électromagnétique de la puissance maximale autorisée aujourd'hui par les télécoms, c'est-à-dire 42 microwatts par mètre carré, 80% des personnes réagissent à ce champ en augmentant leur fréquence cardiaque. Dans le cadre d'une expérience, il faudrait par exemple envelopper ces personnes dans une couverture en tourbe et procéder à la même mesure. C'est ce que nous avons fait à l'université technique de Zwickau il y a dix ans avec un groupe test de 13 personnes. Elles ont été exposées à des champs électromagnétiques dans une chambre blindée et avaient chacune une couverture en coton ou une couverture en fibres de tourbe autour du corps. On a constaté des effets positifs des couvertures de tourbe sur l'organisme vivant de l'individu.

Actuellement, je cherche à collaborer avec le département de technique médicale de l'université de Dresde pour une étude scientifique de plus grande envergure. L'objectif serait d'en faire un projet de recherche. Mais il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, nous n'avons pratiquement plus la possibilité de créer une situation zéro, dans laquelle il n'y a pas de rayonnement du tout. Dans le cadre d'une étude, il serait d'abord important de mesurer une situation quotidienne, puis une situation avec le revêtement en tourbe. Les personnes testées devraient théoriquement dormir en permanence sous des couvertures en tourbe et porter des vêtements en tourbe, car il faut un certain temps pour que l'effet électromagnétique s'estompe.

Un travail commun entre l'homme et les êtres élémentaires

Que signifie subsensoriel ?

Tout d'abord, 'non sensoriel'. Si, en tant que physicien, je fixe le monde physique comme limite de ce que je veux étudier, je dois constater qu'il y a des choses qui ne sont pas saisissables à cette limite. Cela veut dire que je dois changer de science. Je dois faire appel à une science du non sensoriel. À mes yeux, seule l'anthroposophie peut répondre à cela pour le moment. Nous avons donc les éthers suprasensibles et les forces subsensorielles, dont font partie l'électricité et le magnétisme. Dans le contexte terrestre, elles font partie des forces de la forme. L'électricité est chez elle dans la terre. Nous l'utilisons aussi, par exemple via le paratonnerre. J'utilise donc cette soif d'électricité de la terre pour protéger ce qui se trouve au-dessus de la terre. La force subsensible est donc nécessaire dans les contextes naturels pour faire apparaître le sensible.

Rudolf Steiner a formulé que la fibre de tourbe affinée protège des effets de la technique. Comment peut-on mettre cela en relation avec l'électricité ?

Le système sanguin et le système nerveux de l'être humain sont prédisposés de telle sorte qu'ils ont une relation naturelle avec l'électricité. L'homme sensoriel a une impression, et un processus électrique est mis en œuvre. Tu regardes quelque part, puis ton corps éthérique sort et revient. Au moment où il touche à nouveau ton corps, il y a une impulsion électrique. C'est nécessaire, car sinon je ne pourrais pas me détacher de l'arbre observé, m'en abstraire. Je me confondrais avec l'être de l'arbre. Pour que cela devienne pour moi comme une impression abstraite, il faut que quelque chose meure. L'électricité tue les forces éthériques de ce processus. Chaque activité sensorielle en moi déclenche ce processus. Cela crée une orientation et mène à la conscience. La conscience ne peut naître que si l'homme n'a pas d'impressions vivantes, mais les recrée en lui-même. Notre technique actuelle crée un excès d'électricité dans l'espace supraterrestre, laquelle établit une relation avec notre système nerveux et sanguin. La fibre de tourbe sous forme de vêtements ou de couvertures empêche que l'électricité accrue en surface ne surcharge le cerveau, les nerfs et le sang de l'homme, et les réorganise dans la sphère terrestre.

Quels sont les êtres qui travaillent ou sont travaillés dans l'affinage des fibres de tourbe et de quelle manière ?

En tout cas, les êtres élémentaires de type gnomes, car ils ont une relation naturelle avec l'électricité dans la nature. Ils font sur l'être végétal ce que j'ai expliqué sur le système nerveux-sensoriel de l'homme. Ils ont un 'pouvoir' sur une certaine quantité d'électricité. Si tu mesures l'électricité sur une plante le matin, puis à nouveau à un autre moment, les rapports sont différents dans le domaine du millivolt. Les plantes se nourrissent de lumière et d'air, donc de forces éthériques. Ce que la plante absorbe doit donc aussi mourir, sinon il n'y aurait pas de matière. C'est ce que font ces êtres élémentaires. Ils utilisent la force dégénérative de l'électricité pour condenser la matière. Les êtres font s'endormir la force éthérique, ce qui permet à la matière de se former dans la forme de la plante. Ce processus dure aussi longtemps que la plante accumule de la matière et s'arrête lorsque la plante meurt. Les êtres élémentaires se détachent alors de la plante. Dans la tourbière, ce processus est interrompu par le milieu aqueux et acide. Les êtres élémentaires ne peuvent pas s'y dissoudre, ce qui se voit aussi au fait que la tourbe est une étape préliminaire au charbon. C'est pourquoi la tourbe momifie au lieu de humifier. Lorsqu'elle humifie, la forme est dissoute, les êtres élémentaires ont rempli leur mission et peuvent recevoir de nouvelles impulsions du cosmos. Dans la tourbe, il se produit un isolement par rapport au monde extérieur et au cosmos. Lorsque nous baignons la fibre avec de l'antimoine, le travail de condensation s'arrête. Les êtres entrent dans une sorte d'état de repos. Par le bain dans le mucus végétal, ils s'orientent à nouveau vers le cosmos. Par le biais de l'ozone, ils s'élèvent et se procurent à nouveau des forces de lumière. Lorsque la fibre de tourbe se désagrège et que les vêtements s'usent, les êtres se libèrent. Si nous ne transformions pas la matière, elles devraient rester liées dans la fibre de tourbe. Je 'travaille' donc avec ces êtres. Steiner a dit qu'à travers cette transformation, ces êtres, par une sorte de gratitude envers l'homme, le préservent des effets de la technique. Leur gratitude consiste à organiser l'électricité là où elle doit être, c'est-à-dire dans la sphère terrestre. C'est pourquoi la fibre de tourbe raffinée n'offre pas une protection statique, mais dynamique.

Notes de bas de page

1. notes et commentaires de Henri Smits dans le dossier dit 'Schiller' dans les archives Rudolf Steiner au Goetheanum, Beiträge Nr. 122, Aufgabenstellungen von Rudolf Steiner für wissenschaftliche Forschungen, Rudolf-Steiner-Verlag, 2000.

 

Peter Böhlefeld

est né en 1959 dans le nord de l'Allemagne. Il a étudié la sculpture à Alfter et a travaillé 12 ans comme sculpteur. Il a suivi une formation d'enseignant Waldorf à Mannheim et a commencé en même temps un travail de recherche sur la tourbe.

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Sortie du livre VITALITÉ – De la terre à la table

Publié le par Rudolf

Sortie du livre VITALITÉ – De la terre à la table

Extrait du premier chapitre :

La vitalité, la renaissance d’un concept ancien

Le mot « vitalité » provient du latin vita, qui signifie « vie ». Dans les grandes lignes, le mot « vitalité » possède trois acceptions différentes. La première nous est familière dans la vie de tous les jours lorsque nous observons chiots, chatons et enfants jouer, débordant d’énergie et de joie. Les médecins peuvent aussi faire usage du concept avec une signification similaire lorsqu’ils demandent à leurs patients de décrire leur bien-être physique après un traitement. La seconde acception est la vitalité en tant que force de vie chez les organismes vivants, une énergie que l’on ne retrouve pas chez les minéraux et les cristaux.

Galilée (1564-1642), l’un des fondateurs de la physique et de la science moderne, rejeta catégoriquement toute forme de vitalisme, l’ensemble des perceptions populaires et religieuses de cette force de vie. Pendant des années, il s’attacha à définir les bases de la physique, et il arriva à la conclusion que la physique – et la science en général – devaient être fondées exclusivement sur des éléments et des propriétés pouvant être mesurés, pesés et comptés. Il a également écrit des livres sur l’astronomie, sur la position du Soleil, sur les planètes et sur la Terre- Mère dans l’Univers.

Au temps de Galilée, lorsque la science en était à ses débuts, ces réflexions ne passaient pas pour anodines. En effet, en affirmant que le Soleil était au centre de l’Univers, Galilée est allé à l’encontre du point de vue catholique dominant. La puissante Église pontificale ne tolérait pas les vues hérétiques selon lesquelles la Terre était ronde et le Soleil constituait le centre de l’Univers ; l’Inquisition imposa les convictions de l’Église avec diligence, brutalité et terreur.

Peu à peu, des universités fondées sur une approche non-religieuse des phénomènes de la nature furent créées dans toute l’Europe et un cessez-le-feu fut instauré entre l’Église et la science en développement. Pendant la période romantique, cependant, le vitalisme était répandu parmi les érudits et les scientifiques. Jacob Berzelius (1779-1848), l’un des pères de la chimie moderne, croyait qu’une force vitale régulatrice existait dans la matière vivante afin de maintenir ses processus de vie. Les chimistes, soutenant cette conception de la nature, étaient convaincus de ne jamais pouvoir reproduire aucune des substances organiques présentes chez les plantes et chez les animaux.

Cependant, en 1847, une découverte capitale eut lieu : le chimiste allemand Hermann Kolbe parvint à produire de l’acide acétique entièrement à base de substances inorganiques et de minéraux. L’acide acétique issu de sources naturelles était connu depuis des siècles, mais il devint alors possible de le produire en laboratoire. Cette découverte déclencha un développement explosif de la chimie. En l’espace de vingt-cinq ans, plus de 10 000 composés organiques d’origine végétale et animale furent identifiés et nommés de manière systématique. Le vitalisme et la vitalité disparurent rapidement du champ de la science.

En 1953, un siècle après la découverte de Kolbe, des biochimistes révélèrent la manière dont nos gènes et nos chromosomes étaient construits. La double spirale d’ADN fut identifiée. L’enthousiasme parmi les scientifiques fut énorme et un grand nombre d’entre eux furent persuadés que l’énigme de la vie avait été résolue. Francis Crick, l’un de ceux qui avaient découvert la structure de l’ADN, affirma : « Et ainsi à l’adresse de ceux d’entre vous qui sont peut-être vitalistes, je ferais la prophétie suivante : ce que tout le monde a cru hier, et ce que vous croyez aujourd’hui, seuls les excentriques le croiront demain ». Le vitalisme chez les scientifiques a été remplacé, à quelques exceptions près, par les molécules et les gènes.

Aujourd’hui, après des années d’efforts pour décrire certaines des questions essentielles de la biologie telles que le développement des embryons, certains biologistes ne sont pas convaincus que l’on puisse y répondre sur le seul fondement de la structure de l’ADN. Il n’est donc pas surprenant de constater que le concept de vitalité est toujours controversé.

La troisième et dernière acception du mot « vitalité » constitue l’objet de ce livre : la capacité des organismes vivants à résister à des pressions extrêmes sans que cela ne nuise gravement à leurs processus vitaux, capacité qui ne peut être réduite à la question d’un gène unique ou d’un petit nombre de molécules et de composés.

Chaque année, lorsqu’un agriculteur sème des céréales dans un champ, les graines sont mises à l’épreuve de cette troisième signification de la vitalité. Certaines ne parviendront jamais à germer, à cause d’un sol trop froid ou trop sec, et les champignons attaqueront le grain en germination si la météo devient trop humide. En agriculture conventionnelle, des produits chimiques toxiques sont utilisés pour traiter la surface des graines, empêchant ainsi les champignons de les attaquer.

Cependant, ces substances n’étant pas autorisées en agriculture biologique et biodynamique, la vitalité des graines y est donc d’une importance cruciale.

On appelle vitalité ou vigueur germinative la capacité de germer dans des conditions difficiles dans les champs ; il s’agit d’un concept scientifique reconnu. Sur un sac de céréales, on peut indiquer que le pourcentage de germination est de 96 %, c’est-à-dire que 96 graines sur 100 au minimum germeront. Cependant, cela ne s’applique pas aux conditions difficiles dans les champs, mais aux essais de germination réalisés dans une armoire chauffante en laboratoire. C’est pourquoi les chercheurs ont mis au point divers tests de vitalité pour estimer la faculté germinative en conditions réelles. Cette vitalité se définit de manière très simple : « la somme des propriétés du grain qui déterminent le niveau d’activité et la performance pendant la germination et la croissance initiale. Les graines qui donnent de bons résultats montrent une vitalité élevée et celles qui donnent de mauvais résultats montrent une vitalité faible. »

La vitalité germinative n’est qu’un des nombreux exemples de vitalité. La méthode scientifique pour tester la vitalité consiste à exposer un organisme vivant à un traitement de stress bien défini, après quoi sa capacité à résister aux effets négatifs sur des processus de vie spécifiques est mesurée. Il nous faut donc comprendre les liens entre différents types de vitalité et la santé des organismes vivants – micro-organismes, plantes, animaux – et aussi la nôtre.

Cela implique une nouvelle perception de la santé. Il nous faut passer d’une conception de la santé comme absence de symptômes à celle de la santé correspondant à la capacité de gérer les facteurs physiques et mentaux stressants auxquels la vie peut nous exposer.

Résumé des chapitres

Nos aliments – plus que des nutriments

Nos aliments sont plus qu’une somme de nutriments. Certaines des plantes utilisées dans les traditions de la médecine populaire contiennent des composés puissants qui favorisent la santé. Les betteraves rouges, les choux et les céleris que nos grands-parents nous servaient contiennent de tels composés qui peuvent nous protéger contre diverses maladies chroniques comme le diabète. Cependant, les sélectionneurs ont involontairement réduit la teneur en composés bénéfiques pour la santé dans leur recherche de variétés au goût plus sucré.

Vitalité – résister à la tempête

Nos aliments sont plus ou moins vitaux. Les plantes et les animaux peuvent, dans une certaine mesure, résister à des facteurs de stress extrêmes. Nous observerons des concombres coupés en tranches capables de se ressouder sans le moindre signe d’attaque de micro-organismes. Nous nous intéresserons à du lait qui tue les bactéries, ainsi qu’à des légumes susceptibles de générer des images de cristallisation sensible cohérentes dans des conditions de stress.

Vitalité et santé

La santé n’est pas l’absence de symptômes, mais le fruit d’une constitution physique innée, d’une capacité à mobiliser des ressources physiques et mentales, des facteurs environnementaux et enfin et surtout de la consommation d’aliments vitaux. Nous examinerons des concepts comme l’homéostasie, la salutogenèse et l’« auto-santé ».

Il était une fois l’agriculture…

L’agriculture conventionnelle moderne est capable de produire des aliments bon marché. Cependant, les pratiques agricoles vertueuses d’autrefois, basées sur un équilibre entre la nature, la culture et l’industrie, ont disparu. Les effets négatifs des engrais artificiels, des pesticides, des antibiotiques et des OGM sur notre environnement et notre santé sont aujourd’hui évidents. À qui incombe la responsabilité de protéger notre nourriture et notre santé ?

Des plantes aux talents insoupçonnés

L’agriculture conventionnelle a de plus en plus réduit les plantes à des unités de production isolées et passives. Mais en y regardant de plus près, on découvre rapidement leurs remarquables capacités : elles coopèrent avec les champignons, elles envoient de la lumière, elles communiquent en dessous et au-dessus du sol, elles suivent le rythme du Soleil et de la Lune – et elles sont vulnérables aux engrais azotés conventionnels.

Vers une agriculture durable

Au départ, l’agriculture biologique et l’agriculture biodynamique constituaient toutes deux une réaction à l’agriculture conventionnelle. Nous verrons comment les cultures et les animaux sont traités dans ces types d’agriculture plus durables. Nous nous intéresserons à la base même de l’agriculture, au sol fertile et à ses « magiciens aveugles », les vers de terre, ainsi qu’au rôle clé du compostage dans la formation de la chaîne de santé allant du sol à l’estomac.

Les aliments biologiques et biodynamiques sont-ils plus vivants ?

Les aliments biologiques et biodynamiques sont-ils plus sains ? Une question controversée encore en attente de preuves irréfutables. Nous disposons de nombreuses preuves circonstancielles, notamment lorsque nous nous concentrons sur la vitalité plutôt que sur les nutriments. Nous examinerons entre autres les bactéries se nourrissant de légumes biologiques qui résistent mieux à l’effet mortel des produits chimiques mutagènes que les bactéries se nourrissant de légumes conventionnels.

Les parties et l’ensemble

La science est compétente pour analyser les atomes, les molécules et les gènes, mais elle a du mal à travailler avec les « ensembles ». Nous sommes en train de changer de paradigme en passant des parties au tout. Le défi consiste à considérer les organismes vivants dans leur ensemble, les patients comme des humains dans leur globalité et les fermes comme des écosystèmes intégrés dans des écosystèmes plus vastes. Les structures d’eau stables récemment découvertes apportent une pièce précieuse au puzzle.

Un changement de paradigme en agriculture

Le temps est venu pour un changement de cap en agriculture. Il s’agit de délaisser les systèmes agricoles qui érodent les écosystèmes naturels pour aller vers des systèmes agricoles durables. Nous avons besoin d’une nouvelle compréhension de l’agriculture et de l’économie. Nous devons prendre soin du cercle de la santé en recyclant les déchets ménagers organiques. Qui que vous soyez, il vous est possible de contribuer à cette gigantesque transformation vers un nouveau mode d’agriculture, de production alimentaire, de vitalité et de santé.

L’auteur

Originaire du Danemark, Jens-Otto Andersen a travaillé sur des fermes biologiques et biodynamiques durant sa jeunesse. Devenu agronome, il a ensuite obtenu un doctorat dans le domaine de la qualité des aliments. Il travaille depuis 2001 comme coordinateur de recherche au sein de l’Association de recherche biodynamique du Danemark. En collaboration avec des chercheurs allemands et néerlandais, il a développé et documenté la cristallisation sensible, auparavant controversée, pour en faire une méthode scientifiquement reconnue. Le recours à cette méthode a permis, dans un certain nombre de recherches, de différencier des cultures et des produits conventionnels, biologiques et biodynamiques. Avec des chercheurs suisses et néerlandais, il a également démontré que la cristallisation sensible permettait d’identifier des dilutions homéopathiques D30. En 2016, il a publié Vitalitet – fra muld til mave, ensuite traduit en anglais et à l’origine du présent ouvrage.

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Qualité et quantité - Contradiction ou unité ?

Publié le par Rudolf

Qualité et quantité  -  Contradiction ou unité ?

Améliorer la qualité des aliments est un objectif important de l'agriculture et de l'alimentation biodynamiques depuis leur introduction en 1924. Pour cela, il a toujours été important de développer, en plus de la qualité extérieure, une qualité intérieure « qui favorise organiquement l'être intérieur de l'homme ».

Parallèlement au développement de la biodynamie, l'agriculture conventionnelle a, au cours du 20ème siècle, mis particulièrement l'accent sur la quantité et la production de masse, de sorte que les entreprises agricoles sont devenues de plus en plus spécialisées et de plus en plus grandes. L'agriculture devait nourrir le monde, mais le problème de la faim n'a pas été résolu à ce jour, bien au contraire. L'accent mis sur le rendement a conduit à négliger la qualité, ce qui se traduit notamment par l'augmentation rapide des maladies liées à l'alimentation. Ainsi, depuis le début du 21ème siècle, l'appel à la qualité se fait de plus en plus entendre. De plus en plus de personnes en quête de qualité s'intéressent désormais à l'agriculture organique et biodynamique, qui est de plus en plus connue pour la qualité de ses produits et pour son approche respectueuse de l'environnement et du climat. L'agriculture biodynamique est entrée dans une nouvelle phase de développement. Dans différents pays, les produits biodynamiques sont sortis de ce que l'on appelle la « niche écologique », car une demande quantitative plus importante conduit de plus en plus de grandes fermes spécialisées à se convertir au bio. Cette situation met davantage en lumière la question de la relation entre qualité et quantité.

  • Est ce qu'une croissance en volume conduit nécessairement à une diminution de la qualité ?

  • Ou comment l'agriculture biodynamique peut-elle réussir à nourrir les êtres humains ?

  • Comment tenir l'équilibre entre la qualité et la quantité et comment faire pour parvenir à un rapport sain ?

Ce sujet sera traité en particulier dans la conférence-dialogue de Jean-Michel Florin et Ueli Hurter en début du congrès, dans les contributions du jeudi après-midi ainsi que dans les forums spécialisés du vendredi après-midi.

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SUPPRIMONS LES PESTICIDES! PROLONGÉ JUSQU'AU 30 SEPTEMBRE! Sauvons les abeilles et les agriculteurs!

Publié le par Rudolf

Notre biodiversité est en danger comme jamais. Pour cette raison, la Commission européenne a fixé pour objectif dans son “Pacte Vert” de réduire de 50% l’utilisation de pesticides.
L’industrie des pesticides, leurs alliés au Parlement européen et dans les gouvernements nationaux attaquent cet objectif historique.
Il n’a jamais été aussi important que les citoyens européens fassent entendre leurs voix contre l’utilisation de pesticides.

Exigeons une suppression des pesticides maintenant!
Signez l’Initiative Citoyenne Européenne “Sauvons les abeilles et les agriculteurs”!

Il est encore temps de signer ici:

https://www.savebeesandfarmers.eu/fra

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